Si vous voulez déployer vos applications et services dans un cloud public, vers qui allez-vous vous tourner?
Très probablement vers l’un des 3 acteurs majeurs au niveau planétaire. Votre choix se fera sûrement pour des raisons politiques plus que techniques ou financières. Je dédierais sûrement un article à ces choix ultérieurement.
Le fait est que pour déployer une nouvelle application dans le cloud, le choix est finalement assez simple.
En premier vous avez la solution déjà indiquée : un des mastodontes américains. Problème, vous ne voulez pas forcément donner vos données, vos applications et votre argent à une multinationale, quelle que soit sa position vis-à-vis des questions éthiques et légales. Et dans un climat de défiance envers la globalisation, et une tendance à la relocalisation, il semble un peu hypocrite de s’appuyer sur eux.
En second, vous avez des acteurs autres : chinois par exemple. Finalement, même problème, en probablement pire, car une grosse défiance subsiste envers l’empire du milieu. Que celle-ci soit fondée ou non, peu importe. Dans le doute, la plupart des acteurs resteront prudents.
Ensuite vous pouvez jouer local. Ahhhh, le cloud souverain! Une belle idée, non? Bon, on a vu ce que ça a donné. L’idée était bonne, la réalisation a du pêcher un peu. Je ne prétendrais pas comprendre les raisons de cet échec précis, ce serait un peu présomptueux.
Il n’en reste pas moins que l’idée d’avoir des acteurs un peu plus locaux, sous notre juridiction, avec lesquels des discussions d’égal à égal sont possibles, reste une bonne idée.
Cependant, s’il me semble une bataille qu’il ne faut pas mener face aux géants chinois ou américains, c’est la course à l’armement. Un opérateur tel qu’OVH fournit de très bons services, et ne vise pas la même approche qu’un AWS ou un Microsoft. Mais ils ont une belle ambition et s’en donnent les moyens.
Mais revenons à la question de cette course à l’armement. Les grands acteurs ont des moyens et des ressources immenses. Ces ressources sont aussi bien financières que techniques et humaines. Sans parler de poids politique.
Comment pourrait-on avoir des plates-formes locales, françaises ou européennes, qui fournissent des services modernes et permettent des déploiements agiles et scalables?
Mon opinion, qui n’engage que moi, repose sur une question : que feriez-vous si vous deviez aujourd’hui bâtir votre propre hébergement de données et de puissance de calcul, en vous appuyant sur une solution fiable et réputée? Une solution qui vous permettrait de démarrer rapidement, et de monter en charge de manière exponentielle, en fournissant des services ouverts et sécurisés?
Si vous êtes dans les opérations, l’infrastructure, le stockage et les serveurs, vous pensez sûrement à de l’hyperconvergence, non?
Mais si vous êtes développeur, ou dans les infras agiles de type devops, vous voyez où j’en viens?
Je devrais faire durer le plaisir, parler de l’histoire, de la virtualisation etc… mais le suspense n’est pas mon fort.
Ma réponse serait : Kubernetes, tout simplement.
Evidemment, le logo là-haut m’a un peu trahi…
Alors oui, il est vrai que la courbe d’apprentissage de k8s (pour les intimes) est un peu rude. Mais elle n’est pas pire qu’un SAN fiber channel si vous n’y connaissez rien. Finalement, si vous êtes familiers de la virtualisation, c’est pareil, mais en beaucoup mieux.
Quelle meilleure preuve que la conversion de Vmware à cette technologie? Le titan de l’infrastructure virtuelle prépare son évolution.
Vous ne me croyez toujours pas?
Très bien.
Prenons quelques exemples de solutions (non sponsorisées, promis).
Mettons que vous ayez des développeurs modernes, et une application conteneurisée à publier. Finalement, tout ce qu’il vous faut pour héberger ces conteneurs c’est une belle infrastructure, avec un orchestrateur qui fournit les services nécessaires : load balancing, réseau, adressage, sécurité, répartition des ressources, failover, failsafe etc.
Bon, en fait, un k8s.
Il n’est pas dément d’envisager une petite équipe qui investit du temps pour créer un environnement mutualisé à base de k8s et qui loue cet environnement à toute société souhaitant héberger une jolie application moderne.
Vous me suivez?
Des solutions de ce type existent, en dehors des GAFAM et autres mastodontes. Je citerais Digital Ocean par exemple, un des pionniers dans ce domaine.
Mais allons plus loin : cette fois-ci vous avez besoin de faire fonctionner un environnement dédié au machine learning. Et par cela, j’entends toutes les étapes : collecte des données, chargement, stockage, analyse, publication de modèles…
Forcément, construire une solution de ce type sur un cloud public est facilité. Les composants de type PaaS fournis par de nombreux acteurs, géants encore une fois, permettent de créer et publier vos modèles avec une facilité déconcertante.
Mais saviez-vous qu’il existe des solutions, comme Saagie, qui permettent d’avoir une simplicité encore plus importante? Et en plus une structure basée sur du k8s, ce qui vous permet de l’héberger où bon vous semble?
Ne me comprenez pas mal, les solutions K8s proposées par les GAFAM sont très puissantes, et je suis le premier à les recommander. Mon propos est simplement de suggérer comment résoudre une partie des problèmes autour d’un cloud souverain. Celui-ci doit répondre à des besoins spécifiques, pour lesquels nos amis américains ou chinois ne sont pas la bonne réponse.
Et pour cela, je suis convaincu que Kubernetes sera la base de la solution.
Malgré le fait que ce soit un produit issu de Google… :-D